LADYBOSS – Marianne Tabudlo

Par Beautylicieuse | le 21 novembre 2019

Marianne Tabudlo Trust Me Comm

Pour ce dernier LADYBOSS de l’année et pas des moindres, je laisse la place à Marianne Tabudlo, Fondatrice et Directrice de l’agence Trust Me Communications …et anciennement, Directrice de la Communication chez Filorga . Marianne n’est pas seulement une amie, c’est aussi et surtout une femme que j’admire sincèrement car elle ne lâche jamais rien. On se connaît depuis bientôt 10 ans – c’est l’une des premières personnes à m’avoir fait confiance – et j’ai énormément appris à ses côtés et je lui en serais toujours reconnaissante pour ça.

Je ne parle pas souvent des backstages de ce milieu (et j’aurai tant à dire, je pourrai même écrire un livre sur le sujet et je sais que ce serait un sacré best seller) mais je peux vous dire qu’il ya très peu de gens que je qualifierai d’amis (déjà !) mais aussi et surtout de personnes authentiques et véritables bosseurs. Nous ne sommes pas toujours d’accord sur tout (on a deux caractères très…comment dire… »forts » et on peut passer des heures à débattre d’un truc), mais nous sommes d’accord sur une chose : « on a rien sans rien, et peu importe les embûches, on y arrivera quoiqu’il arrive ».

Lorsque je lui ai proposé cette interview, il y a quelques mois : elle était hyper émue et touchée (le comble !) et j’oserai même dire, qu’elle avait légèrement la pression. Il y a quelques semaines, rv pris au Mandarin Oriental (mon atmosphère favorite pour les interviews héhé, mais pas que !) où nous avons passé plus de 4 heures ensemble.

Je vous avoue que j’ai été très agréablement surprise, qu’elle – qui maitrise la communication à la perfection – se dévoile autant sur ses forces et faiblesses, son parcours et tout ce qu’elle a enduré pour en arriver là (burn out, harcèlement, pression…) sans langue de bois. Des moments difficiles certes mais qu’elle ne regrette absolument pas, car comme elle me le disait « c’est grâce à ces mésaventures, ces douleurs que j’en suis là aujourd’hui ».

Bref, assez de teasing comme ça. Je vous souhaite une excellente lecture et j’espère que vous prendrez autant de plaisir à lire et en apprendre plus sur cette LadyBoss, que j’ai eu à relater son histoire.

 

HELLO MARIANNE, PEUX-TU NOUS EN DIRE PLUS SUR TON PARCOURS PROFESSIONNEL ?

J’ai un parcours assez atypique. J’ai commencé par faire du Droit à la fac, ensuite j’ai fait un BTS en Entreprises et enfin, j’ai terminé par une Licence en Communications des Entreprises. J’ai arrêté après la Licence, car je savais que c’était le terrain qui m’apprendrait tout. J’ai toujours adoré mettre en lumière les choses et j’ai très vite compris, qu’il fallait passer à la pratique.

À 19 ans, j’ai trouvé un job à temps partiel en tant que standardiste durant 6 mois, puis Assistante de la Directrice Marketing des Parfums Grès. Cette expérience a été très enrichissante et a donné naissance à ma vocation : créer un jour ma boite. Ensuite, j’ai été repérée par la directrice d’une agence de presse réputée à l’époque et j’y ai passée 4 ans et demie en tant qu’Assistante Attachée de Presse pendant deux ans, puis Attachée de Presse Junior. 4 années et demie extrêmement difficiles qui se sont soldées par une forte dépression. Harcèlement moral, mauvaise foi, blâme à longueur de journée, humiliations…j’ai tout subi dans cette boite.

J’ai dû prendre des anti-dépresseurs durant 6 mois et faire des sessions chez le psy durant 4 mois pour m’en sortir. Cette mauvaise expérience a été le tournant de ma carrière. J’ai transformé cette tristesse en rage et je me suis dit que plus jamais, on ne m’écraserait.

Je suis rentrée chez Filorga en tant qu’attachée de Presse en Mai 2006. C’était tellement différent ! J’ai découvert un nouveau climat professionnel avec un patron qui avait une véritable vision. Un an plus tard, nous avons lancé la gamme cosmeceutique. Filorga cassait les codes de cet univers pharmaceutique aseptisé, avec un packaging noir ultra luxueux…sans oublier l’efficacité. 2 ans plus tard, je devenais Responsable de la Communication France pendant 4 ans puis, j’ai été promue Directrice de la Communication France et Internationale et là, c’était un tout autre niveau car je gérais 7 autres pays en plus de la France.

Je me suis construite à travers douleurs et déclics.

Cette petite start-up – qui paraissait si grande de l’extérieur – grandissait si vite. Filorga était ma priorité, j’étais passionnée par cette marque et j’adorai ma vie. C’était stimulant mais très fatiguant car il y avait énormément de travail.

Un jour, alors que je discutais avec la Responsable des Ressources Humaines, cette dernière me lance « tu ne seras pas difficile à remplacer ». Cette phrase fut un coup de poignard, j’étais sonnée. Le soir même, ma décision était prise, je devais quitter cette boite. J’ai compris qu’on pouvait toujours tout donner à une boite mais ça ne serait jamais assez. On est et on restera à tout jamais un pion malgré tout le travail qui peut être accompli. J’avais donné 8 ans de ma vie à cette société – ce que je ne regrette absolument pas – mais il était temps de passer à autre chose et d’accomplir ce rêve que j’avais depuis toujours : être mon propre boss.

Cette décision, ce déclic fut le début d’une autre aventure. Le 1er janvier 2014, j’ouvrais ma boite : TRUST ME COMMUNICATIONS, une agence 360° capable d’accompagner le développement marketing et la communication d’une marque. Notre crédo ? Conceptualiser, développer et promouvoir dans l’univers du bien-être global. Ces 6 dernières années ont été incroyables et m’ont tant appris. J’ai compris qu’être patron est l’une des choses les plus difficiles qui soient car face à la difficulté, on est toujours seul.

 

QUEL A ÉTÉ LE MOMENT LE PLUS DIFFICILE DE TA CARRIÈRE ET POURQUOI ?

Indéniablement, après la naissance de ma fille Manille – 3 ans après la création de Trust Me Communications. Cela a été très difficile et frustrant de reprendre le travail, juste un mois et demi après sa naissance. Un moment difficile pour moi en tant que femme, mère et personne. Contre ma volonté, j’ai du faire passer ma boite avant ma fille. Je n’avais pas le choix, mais c’était un choix de patron qui devait être fait. L’un des choix les plus difficiles que j’ai eu à faire.

Et je dirai aussi, lors de mon burn-out, deux ans après la création de ma boite. Mon corps et mon cerveau m’ont lâché…trop de travail, trop de fatigue physique et mentale…j’ai compris à ce moment là, qu’il fallait faire une pause.

  Marianne Tabudlo  

AS-TU DÉJÀ SUBI UNE QUELCONQUE FORME DE DISCRIMINATION ?

Je n’ai jamais subi ou ressenti de racisme ou discrimination, sans doute une question de génération. J’ai eu la chance de grandir professionnellement dans des boites où cela n’existait pas. Je ne me suis jamais sentie comme l’asiatique de service.

 

WORKING MUM ACCOMPLIE, COMMENT ARRIVES-TU À CONCILIER VIE PRO ET VIE PERSO ?

C’est pas évident et depuis que je suis mère, ça l’est encore moins. Je dors 3 heures par jour et je m’impose des règles, en allant à l’essentiel. J’ai toujours voulu être mère, mon plus grand rêve c’était d’avoir un enfant donc j’essaye de passer un maximum de temps avec Manille. Mes moments privilégiés avec ma fille restent le matin très tôt, avant de la déposer à la crèche. On a une heure ensemble, juste toutes les deux.

Avec mon mari, on a aussi des règles : soirée en amoureux deux fois par mois, vacances rien que tous les deux, deux fois par an pour nous retrouver. Nous sommes chefs d’entreprise tous les deux donc on se comprend. Et enfin, le week end, j’essaye de ne plus travailler et de le consacrer uniquement à ma famille.

 

TU AS UNE FILLE DE 2 ANS, QUELLES SONT LES VALEURS QUE TU AIMERAIS LUI TRANSMETTRE ?

Le respect avant tout ! Le respect des personnes, des choses mais aussi la valeur du travail et de l’argent. Je veux qu’elle comprenne qu’on a rien sans rien et qu’il faut se donner au maximum.

 

QUEL.S CONSEIL.S DONNERAIS-TU AUX FEMMES QUI VEULENT BOOSTER LEUR CARRIÈRE ET S’IMPOSER ?

Je ne suis pas sure d’avoir un conseil en particulier mais je dirai qu’il faut être consciente que c’est énormément de sacrifices, de travail mais aussi de larmes. Si elles sont prêtes à ça, elles pourront soulever des montagnes. C’est du sacrifice encore et toujours, on a rien sans rien. Après la pluie, le beau temps ! On passe par des moments extrêmement difficiles mais quoiqu’il arrive, on finit toujours par trouver la lumière au bout du tunnel. C’est mon mantra !

 

DES MENTORS ?

Je n’en ai pas vraiment eu, mais il y a des gens que j’admire sincèrement et qui m’ont fait évoluer : Didier TABARY évidemment (Ex-président des Laboratoires Filorga) et Benoit CHARDON (Ancien Directeur Marketing de Filorga et actuel Vice-Président d’Allurion) qui m’ont beaucoup appris.

 

tabudlo marianne

 

Cette interview de Marianne Tabudlo vous a plu ? Inspiré ? Qu’en retenez-vous ?

Carrière-Entrepreneuriat, Développement Personnel, exclusif, Interviews Exclusives, Ladyboss, Leadership Féminin-Success Stories