Yuka, QuelCosmetic, Inci Beauty…ces applis sont-elles vraiment fiables ?

Par Beautylicieuse | le 10 janvier 2019

yuka, inci beauty, quelcosmetic...ces applis sont elles fiables ?
Yuka, QuelCosmetic, Clean Beauty ou encore Inci Beauty…ces applications qui décryptent les compositions des produits (cosmétiques et/ou alimentaires) ont le vent en poupe, c’est le moins que l’on puisse dire. Depuis leurs sorties – cela a commencé côté alimentaire puis s’est étendu à la beauté – beaucoup de femmes soucieuses de ce qu’elles mangent et se mettent sur la peau, se sont jetées dessus (1 personne sur 10 utiliserait quotidiennement ces applications en France).

Si certains y voient un aspect révolutionnaire, force est de constater qu’il y a beaucoup de choses flous. Dans cet article, je vais surtout me concentrer sur l’aspect beauté de ces applications, après avoir reçu énormément de questions à ce propos.


YUKA, QUELCOSMETIC, INCI BEAUTY, CLEAN BEAUTY …COMMENT ÇA MARCHE ?

Selon les applis, vous scannez le code-barres de votre produit (la plupart fonctionne ainsi) ou alors vous prenez en photo, la liste d’ingrédients comme c’est le cas chez Clean Beauty. Instantanément, l’algorithme analyse tout ceci et vous donne une note globale sur 20 ou 100…et plus en détail, un code 4 couleurs qui « décrypte le produit » : « risque élevé, modéré, faible et sans risque » allant du vert au rouge en passant par le jaune et orange.

On pourrait se demander sur quoi se base toutes ces applications pour affirmer de tels propos ? Chacune affirme s’appuyer sur une multitude de sources d’informations (60 millions de consommateurs, L’observatoire des cosmétiques, La vérité sur les cosmétiques,UFC Que Choisir, Le CSSC, Les bases européennes mais aussi américaines…). 

 

application scanner yuka

 

POURQUOI JE NE SUIS ABSOLUMENT PAS CONVAINCUE PAR CES APPLICATIONS ?

Ce que je trouve étonnant pour ne pas dire choquant, c’est la manière dont fonctionne ces applications. Plutôt que de tenir compte de la globalité de la formule (dosage, concentration, danger, risques…), elles analysent les ingrédients individuellement pour donner un avis final. Il est bon de rappeler qu’un produit cosmétique est beaucoup plus complexe que ça.

Est-ce qu’il ne serait pas plus pertinent de prendre en compte, la manière dont est utilisé le produit : À quelle fréquence ? Sur quelle zone du visage ? Est ce un produit qu’on rince ou pas (notamment pour les masques ou eaux micellaires) ? Tant de choses importantes et impactantes pour donner un avis, le plus objectif possible. Ici, il n’y clairement aucune distinction entre danger des ingrédients et risques réels, ce qui est un vrai problème.

Autre chose que je ne comprends toujours pas, les applis se contredisent quasi-toutes entre elles : un même produit peut avoir une excellente note ici et être considéré comme dangereux voire cancérigène chez l’autre (je prend notamment le cas du dioxyde de titane contenu dans certains produits – considéré comme un monstre chez Yuka et plutôt toléré chez Inci Beauty…et je pourrai vous citer bien d’autres exemples). 

Mais comment cela se fait-il ? Une fois de plus, chacun fait selon ses propres critères : certaines axeront leur vigilance sur les agents irritants/allergènes, d’autres sur les perturbateurs endocriniens et encore d’autres sur le degrés de « green ». Difficile de s’y retrouver avec tout ça et je ne vous parle même pas des erreurs (étiquettes inversées…).
 

inci beauty

yuka app

 

L’ART DE FAIRE USAGE DU MARKETING DE LA PEUR

Si je trouve l’idée d’informer et alerter le consommateur, très interessante – d’autant plus que cela oblige les marques à revoir leurs formules et à faire bouger les choses – je reste clairement sur ma faim. C’est beaucoup trop flou et subjectif. À les prendre au mot, il faudrait limite jeter 95% de ses produits cosmétiques et ne quasi plus rien manger (sauf bio peut être, car le bio y est clairement valorisé. Mais faudrait-il rappeler que bio ne signifie par toujours bon, loin de là. Il y a bio et bio mais bon c’est un autre débat). Celle qui selon moi, se démarque un chouilla – elle est loin d’être parfaite mais je la trouve moins axée sur la peur et peut être plus informative – c’est Clean Beauty.

Certaines d’entre vous – médecin, dermato, biologiste – avec qui j’ai échangé lorsque j’ai lancé le sujet en Stories sur Instagram, m’ont confirmé ne pas vraiment s’y fier et les trouver très peu objectives. Marine qui est dermatologue, m’a même expliquée que quelques-unes de ses patientes refusaient maintenant d’utiliser certains produits qu’elle leur prescrivait, sous prétexte que Yuka ou encore QuelCosmetic les considérent nocifs voire toxiques.

Je pense qu’il faut savoir faire la part des choses et ne pas tout prendre pour argent comptant. Doucement mais sûrement, essayons d’être plus raisonnable et raisonnée dans notre manière de consommer…et arrêtons de cultiver cet esprit collectif de peur/danger imminent, en permanence. Enfin, chacun fait bien comme il veut hein. Sur ce…
 
la thérie du complot

Crédits photos : Yuka / Pinterest

 

Utilisez-vous ces applis ? Qu’en pensez-vous ??

 

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